
Dans la commune Oti-Sud 1, de nombreux enfants et adultes vivent encore sans acte de naissance. Un simple document, pourtant essentiel pour accéder à la citoyenneté, à l’éducation et aux droits fondamentaux. Focus sur un enjeu vital trop souvent négligé.
Une existence sans preuve légale
À Gando et dans d’autres cantons environnants, des familles vivent avec une réalité alarmante : leurs enfants ne figurent sur aucun registre d’état civil. Ils sont nés, certes, mais sans existence officielle aux yeux de l’État. Pourtant, l’acte de naissance est le premier document juridique qui reconnaît une personne comme citoyenne.
“Un enfant sans acte de naissance, c’est un citoyen invisible”, affirme M. NOMBO Djèdjè, chef d’état civil de la commune. “Sans ce document, il est très difficile, voire impossible, d’avoir accès aux services essentiels.”
Un document indispensable à chaque étape de la vie
L’acte de naissance joue un rôle fondamental dès la naissance jusqu’à l’âge adulte :
- Inscription à l’école : Les enfants sans acte de naissance sont souvent exclus du système scolaire formel.
- Accès à la santé : Il facilite l’établissement d’un carnet de santé et l’accès aux campagnes de vaccination.
- Établissement des pièces d’identité : Impossible d’obtenir une carte nationale, un passeport ou même de s’inscrire sur les listes électorales sans acte de naissance.
- Protection légale : Il offre une sécurité juridique contre le mariage précoce, le trafic d’enfants ou le travail forcé.
Un constat inquiétant à Oti-Sud 1
Malgré les efforts des autorités locales, la commune Oti-Sud 1 enregistre encore un taux élevé de naissances non déclarées. D’après le constat, plusieurs facteurs expliquent cette situation : la négligence et parfois l’ignorance de l’importance du document.
Un habitant du canton de Gando témoigne :
“Quand mon fils est né, je ne savais pas qu’il fallait aller à la mairie dans les 45 jours. Maintenant qu’il a 10 ans, on me parle de jugement supplétif, et je n’ai pas les moyens.”
Des solutions existent, mais la sensibilisation est clé
Les autorités communales, en collaboration avec les services de l’état civil et les chefs traditionnels, ont lancé des campagnes de sensibilisation. Des audiences foraines et des démarches simplifiées sont parfois organisées pour permettre aux personnes non enregistrées de régulariser leur situation. En 2024, le Programme d’Urgence de Renforcement de la Résilience dans la Région des Savanes (PURS) a fait 2031 jugements dont 1299 filles et 732 garçons, en 2025, le Mécanisme de Sécurité des Etats Côtiers (MSEC) a fait 2496 jugements, tous les sexes confondus.
Les portes des centres d’états civils secondaires dans tous les villages sont ouvertes et à Gando au centre tous les jours ouvrables de 07h à 12h les matin et de 14h-30 à 17h-30 les après-midi.
M. LAMBONI Kwami, maire de la commune Oti-Sud 1 lance un appel à la population :
“Déclarer une naissance, c’est un acte de responsabilité. J’invite chaque parent, chaque communauté, à faire de l’enregistrement à l’état civil une priorité. C’est la base de la citoyenneté.”
Le droit à l’identité est un droit fondamental
Chaque enfant a le droit d’avoir un nom, une nationalité, et d’être reconnu par l’État. Se faire établir un acte de naissance, c’est se donner une place dans la société, accéder à ses droits et préparer son avenir.
Dans la commune Oti-Sud 1, il est temps d’agir pour que plus aucun enfant ne grandisse dans l’ombre.
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